03  (Histoire) posté le lundi 12 novembre 2007 22:18

 

 

Son sort avait été scellé en deux mots. Elle allait croupir au fond d'une geôle. Elle se laissa trainer sans se débattre dans les couloirs au sol glacé. Ses pieds nus s'écorchaient contre les arêtes des pierres. Le garde la fit s'enfoncer dans les entrailles de l'édifice, toujours plus loin, toujours plus profondément. Elle ne savait plus où elle était. La tête lui tournait. L'air libre lui manquait. Une grille s'ouvrit devant elle. Puis une épaisse porte en bois. Une vingtaine d'hommes étaient assis dans une pièce circulaire. Ils avaient l'air morose et prêts à en découdre. En voyant l'adolescente, une lueur d'intérêt éclaira leur regard.

« Bienvenue Princesse! Tu vas voir, nous on est p'tet pas des rois, mais on va bien te traiter! » l'aborda un homme à l'accent trainant.

Le garde émit un petit rire puis la jeta dans la cellule. Elle trébucha et s'effondra au centre du cercle des prisonniers. L'un d'eux s'approcha pour essayer de la toucher mais avant d'avoir pu réagir, il reçut un violent coup de poing dans le nez. Un homme s'était interposé.

« Oh l'homme au regard de braise, fais pas ton intéressant. On s'ennuie tellement ici. Laisse nous la!

-Pas question. Bande de mollusques sans cervelle, vous n'avez pas honte de vous en prendre à une gamine. Je vous ai connu plus braves.

-Je ne sais pas comment tu fais pour supporter cette détention. On est traité comme des chiens. Même pas, comme du fumier. »

Un murmure d'approbation s'éleva. Voleurs, meurtriers, bandits, escroqueurs. Il y avait de tout. La peine capitale les attendait. Ils pourrissaient au fond de ce cachot. Alors puisqu'un peu d'animation était possible, autant en profiter. Tous les malheureux se levèrent d'un bond et rétrécirent le cercle.

L'homme au regard de braise fut bientôt assailli par plusieurs de ses compagnons. L'innocente captive regarda avec horreur les coups que prenait le jeune homme pour la protéger. Un truand s'approcha d'elle et la força à se retourner pour qu'elle lui fasse face. C'en fut trop. Avant qu'il n'ait eu le temps de comprendre ce qui se passait, une lame était placée en travers de sa gorge.

« Le prochain qui bouge aura la mort de ce sac à vin sur la conscience, déclara la prisonnière.

-Sac à vin?! Ca c'est un peu fort. Nous sommes tous d'honnêtes criminels qui n'avons pas toucher à la boisson depuis que nous sommes enfermés ici, s'exclama un grand individu balafré en s'approchant.

-Fais encore un pas, un seul, et je le tue sans aucun état d'âme. »

Tout le monde se figea.

« Maintenant, bande de gros tas, relachez le seul être digne de respect de cette salle. Et écartez-vous. »

Elle bluffait. Elle était terrorisée. Cependant elle devait faire quelque chose pour cet homme. La seule façon de parler à ces individus était de s'abaisser à leur niveau. Elle le savait Et c'était exactement ce qu'elle faisait. Toujours paraître le plus fort pour éviter les ennuis. Voilà la règle qu'elle appliquait à la lettre depuis plusieurs années déjà. Elle ne lui avait jamais causé de tort. Pourquoi cela commencerait-il aujourd'hui?

Après un moment qui lui parut une éternité, ils reculèrent.

 

 

J'ai encore pas mal de textes que j'ai déjà écrit mais JV beugue atrocement en ce moment alors je ne sais pas quand je pourrais les publier. J'essaye de les envoyer le plus vite possible. Et désolée si mes images sont assez pitoyables... mais j'avoue que je galère un peu sur Google alors il faut que je fasse des recherches détournées et ça me prend presque autant de tant que d'écrire (bon j'avoue là j'exagère un peu... Mais pas tant que ça)

D'ailleurs je n'en ai point trouvé pour cet article. Si quelqu'un à quelque chose à me proposer, je suis preneuse! (Neïa si tu passes par là, A L'AIDE!!!!)

Merci à ceux qui me lisent.

Bonne journée ou soirée ou nuit au choix!

lien permanent

04  (Histoire) posté le vendredi 16 novembre 2007 20:48

 

Edward suivait Yvain vers la salle de réception. La pièce était immense, surchargée de fioritures et tapisseries en tout genre. Le prince prit place sur le grand trône recouvert de feuilles d'or, assis négligemment, les jambes passées par dessus l'accoudoir et la couronne de travers. Les dernières lueurs du jour s'accrochaient vainement sur son visage.

Ainsi, pensa Edward, même en recevant un ami, Yvain tente d'impressionner par son pouvoir malgré son apparente décontraction. Le futur souverain passa une mèche de cheveux châtains derrière son oreille puis reporta son regard nuit sur son invité.

« Mon cher ami, que nous vaut l'honneur de ta visite? »

La phrase était amicale mais le ton sec.

« Je venais voir mon prince préféré bien sûr!

-Edward, tu te crois drôle? »

La réplique cinglante. Celui qu'il avait toujours considéré comme un frère. Finis les jeux d'épées en bois, finies les courses dans le château à effrayer les servantes, finies les longues promenades à cheval... Son ami allait bientôt être à la tête d'un royaume. Il avait des priorités différentes. Il était de son devoir de protéger son peuple.

« Je te jure que nous ne sommes animés que de bonnes intentions, tenta de s'expliquer celui qui se faisait si durement rabrouer.

-Je n'ai jamais été très patient.

-Puisqu'il me semble que je n'ai pas le choix... Père doit s'entretenir d'une affaire importante avec le Roi.

-Pourrais-je connaître les détails de cette affaire? s'enquit Yvain.

-Je les ignore moi-même. »

 

Les deux jeunes gens s'enfermèrent dans le mutisme. Un cri de surprise et d'indignation perça le silence. Le prince reconnut immédiatement la voix de son père. Le château avait été construit de telle sorte que tous les sons fussent répercutés dans le bâtiment complet. Ainsi des valets mal intentionnés ne pouvaient comploter dans les couloirs sans être immédiatement entendus.

Yvain se releva immédiatement et prit Edward à la gorge.

« Je ne sais pas ce que tu as comploté, mais tu risques de le regretter amèrement. Ne bouge pas d'ici. »

Il lâcha son ami qui se massa le cou avant de le regarder partir en courant, se demandant ce qui avait bien pu se produire pour qu'il soit dans un tel état d'agressivité. Puis s'adossa contre le mur, les yeux fermés, attendant le retour d'Yvain. Mais ce fut une douce voix fluette qui le fit revenir à la réalité.

« Edward? Quel bon vent vous ramène parmi nous?

-Ma chère Estel. Tu es devenue une magnifique jeune femme. »

Estel, la petite soeur d'Yvain. Blonde, les yeux clairs, elle n'avait aucune ressemblance avec son frère. En entendant le compliment, elle rougit.

« Et vous vous êtes resté un flatteur invétéré. »

Il laissa échapper un petit rire, ce qui ne l'empêcha pas de s'approcher d'elle avec une lueur étrange dans le regard. Il la prit par la taille pour essayer de l'embrasser sur la joue.

« Non Edward, il ne faut pas. »

Elle tenta en vain de le repousser mais la poigne restait solide. Les lèvres dangereusement tentatrices ne semblaient pas vouloir s'éloigner. Elle ne devait pas céder. Elle était une princesse. Elle n'avait pas le droit à l'erreur. Ses responsabilités étaient telles qu'elle ne pouvait se permettre nimporte quoi.

« Lache la! J'ai su qu'il y avait quelque chose de bizarre au moment je t'ai vu. Eloigne toi. Eloigne toi tout de suite! cria Yvain qui arrivait en courant.

-Ce n'est pas ce que tu crois. Je peux tout t'expliquer.

-Tais toi. Nous faire ça! A nous! Comment as tu pu... Comment as tu osé... Tu me dégoutes! »

Le prince prit sa petite soeur dans ses bras et l'attira contre lui, la serrant tendrement contre son coeur. Un peu trop tendrement pour être tout à fait honnête d'ailleurs. Il n'avait jamais manifesté autant d'amour pour sa petite soeur quand ils étaient plus jeunes. Edward devait souvent lui rappellait qu'elle existait et qu'il était de son devoir de la protéger contre le monde extérieur. La leçon semblait avoir porté ses fruits. Mais des années plus tard que prévu.

Le roi arriva à son tour, tout essoufflé, suivi du seigneur, père d'Edward.

« Hannibal, je refuse tout net votre proposition. Il est hors de question, vous m'entendez, totalement impossible que ma chère fille épouse votre avorton. De toute façon elle est déjà promise. »

Estel blêmit. Elle allait se marier. Elle l'ignorait mais elle était fiancée. Comment cela se pouvait-il? Son père ne lui en avait pas parlé. Elle ne parvenait pas à y croire. Elle, épouser quelqu'un! Cette idée lui paraissait tout simplement ridicule. Pourtant il semblerait qu'elle allait devoir s'y faire.

« Votre Majesté, je m'incline si notre chère princesse a déjà un fiancé. Je ne voulais point vous offenser. Je vous remercie de nous avoir prêté une oreille attentive », s'inclina le seigneur.

Il signifia d'un geste à son fils qu'ils partaient puis quitta la pièce. Quand ils furent seuls, le roi regarda Yvain.

« Tu étais au courant de quelque chose?

-Absolument pas. Edward m'a dit qu'il ne savait rien mais j'ai du mal à le croire. On ne prépare pas un mariage sans en avertir le principal concerné. »

Il se rendit compte qu'il aurait mieux fait de se taire quand il vit Estel blanchir.

« Père, j'aimerais vous demander... je voudrais savoir... en fait...

-Parle mon enfant. N'aie pas peur.

-Est-il vrai que je sois prétendue?

-Nous reparlerons de tout ceci plus tard veux-tu bien? »

Sans un mot, il sortit de la salle à grands pas. La jeune princesse chercha alors un quelconque renfort chez son frère mais celui-ci l'ignora et suivit le roi. Maintenant seule avec son doute et sa peine, elle osa laisser couler les larmes qui perlaient à ses yeux depuis si longtemps.

lien permanent

05  (Histoire) posté le vendredi 16 novembre 2007 21:02

 

Elle ne savait pas depuis combien de temps elle était là, la tête de son sauveur sur les genoux. Après qu'elle ait réussi à l'arracher des poings des autres prisonniers, il avait perdu connaissance. Elle s'était alors assise dans un coin reculé de la cellule et l'avait amené près d'elle. Les détenus s'étaient apparement résignés. Pourtant elle sentait leurs regards insistants et entendait leurs chuchotements. Malgré sa peur, elle demeurait parfaitement calme. Une vieille chanson que le barde du village avait l'habitude de chanter lui revint en tête. Elle aimait bien cet homme. Il demeurait l'une des rares personnes sympathiques avec elle. Quand il racontait ses histoires, il lui adressait de petits sourires pendant qu'elle vidait les poches des gens trop absorbés par les talents du narrateur pour se rendre compte qu'une petite main se faufilait près de leur bourse. C'est ainsi qu'elle avait réussi à survivre jusqu'à aujourd'hui. Cependant ses multiples talents ne lui seraient ici d'aucune utilité. A quoi servir de voler si les gens qui l'entouraient étaient encore plus pauvres qu'elle? Ses bases de combat rudimentaires ne pourraient rivaliser avec la force brute le cas échéant. Sans qu'elle s'en rende compte, elle entonna la mélodie de son vieil ami. Le silence se fit dans le cachot. Tous les hommes semblaient fascinés par sa voix d'enfant.

Une enfant, quelque chose qu'elle avait cessé d'être voilà bien longtemps. En réalité, elle n'avait pas le souvenir de s'être considérée une seule fois comme une enfant. Elle avait eu la responsabilité de se nourrir et de se vêtir depuis toute petite.

Elle fut sortie de ses pensées par le réveil de son nouveau protecteur.

« Tu as une voix sublime. »

Elle se sentit rougir. Elle n'était pas habituée aux compliments, pas plus qu'au fait qu'on lui adresse la parole. Elle détourna la tête rapidement et se mit à fixer la fissure dans le mur qui lui parut soudain passionante. L'homme lui prit tendrement le menton et la força à le regarder. Il fut happer par ses yeux verts.

« Je m'apelle Elijah. Quel est ton nom?

-Un nom? Je n'en ai pas, répondit-elle, très gênée.

-Tu n'as pas de nom?! Mais que...? Laisse toi faire, voyons ton tatouage. »

Il l'attira doucement vers lui, dégagea son cou des cheveux qui le cachaient et ne put retenir une exclamation de surprise. Cette fille n'avait pas de tatouage! Pas de marque de reconnaissance. Elle n'existait pas. Quelques prisonniers se rapprochèrent pour savoir ce qui se passait. L'hostilité avait disparu dans leur regard en remarquant l'absence de ce signe pourtant obligatoire pour tous les parents. Même en cas d'abandon, il fallait tatouer son enfant dès sa naissance. On indiquait ainsi le prénom et la nationalité du nouveau né.

Au centre de toute cette attention, la jeune fille ne savait plus quoi faire pour qu'on l'oublie, qu'on l'ignore. Terrorrisée, elle se sentait comme un oiseau convoité par des chats. Beaucoup de chats. Elle ne put réprimer le tremblement qui l'agita.

« Reculez! Vous l'effrayez!

-Et c'est ça la terrible guerrière qui nous a tous fait fuir tout à l'heure. Nous sommes pitoyables, intervint un condamné.

-Disons qu'elle avait su se montrer plus convaincante, répliqua un autre.

-Maintenant nous allons pouvoir nous amuser, déclara le balafré en s'approchant.

-Pas touche Kain! »

La voix d'Elijah avait claqué. Il était prêt à se battre s'il le fallait. Il se leva, protégeant la jeune captive derrière lui. Kain fut plus rapide. Le coup de poing qu'il lança frappa ¨son adversaire dans le ventre. Elijah s'effondra. La jeune captiveregarda avec espoir la porte qui venait de s'ouvrir sur un garde.

lien permanent

06  (Histoire) posté le vendredi 16 novembre 2007 22:15

 

 

« Tout le monde dans la cour. Le général tient à s'entretenir d'un affaire de la plus haute importance avec vous. »

 

Ils se regardèrent tous avec un air étonné. Que pouvait bien leur vouloir le chef de l'armée?

 

« On fait venir la fille aussi? demanda un soldat.

-Il a dit tout le monde. Elle aussi. »

 

On attachaient les mains des prisonniers avant de les faire sortir du cachot. N'ayant pas pu observer les lieux en arrivant, l'adolescente détailla plus attentivement ce qu'elle voyait. La lumière dans les couloirs près des prisons était glauque. La poussière qui recouvrait le sol était si abondante que plusieurs détenus éternuèrent. Bientôt l'ambiance se modifia. Les fenêtres étaient plus larges, quelques tapisseries ornaient les murs. La propreté règnait ici. Le cortège croisa plusieurs domestiques qui se collèrent au mur avec effroi. Il était vrai que le groupe de malfrats avait de quoi en impressionner plus d'un.

Ils débouchèrent enfin à l'air libre sur une grande cour. Le général en uniforme les attendait accompagné de ses officiers. Les prisonniers furent placés en ligne. La jeune fille se retrouva en fin de queue, à côté d'Elijah.

« Messieurs, et Mademoiselle, si je vous ai réunis ici, c'est pour vous parler d'une proposition de notre roi. Suite au nombre croissant de peine capitale, Sa Majesté a décidé de proposer aux condamnés une chance de s'en sortir. Rejoignez l'armée Alzernienne et vous serez sauvés.

-Pour finir massacrez par des barbares! Je préfère encore finir pendu, » intervint un homme.

Un officier lui trancha la gorge avant qu'il n'ait pu dire autre chose.

« D'autres personnes intéréssées par une exécution rapide? Bien vous commencerez votre entraînement demain matin au lever du soleil. »

Les hommes maugréants furent ramenés dans leur cellule. La jeune femme quant à elle fut conduite jusqu'au château. La princesse ayant appris son existence tenait à la rencontrer. Et à lui éviter les horreurs du cachot si possible. La prisonnière fut donc emmenée dans ses appartements. Elle admira la pièce. Un miroir recouvrait une bonne partie du mur opposé à la fenêtre. Elle intercepta son propre regard et le trouva bien terne. Elle commençait déjà à dépérir loin de sa liberté alors que cela ne faisait pas plus de deux jours qu'elle était enfermée. Elle poussa un soupir mais se rappellant de l'endroit où elle était se resaissit. Elle se tint bien droite et sans qu'elle le sache une lueur de défi apparut dans son regard.

La fille du roi arriva à ce moment là, flanquée de deux gardes. Elle étudia son interlocutrice d'un rapide coup d'oeil. Plus grande qu'elle, son corps était marqué par les privations. Elle était d'une maigreur impressionante mais parvenait à rester belle. Son visage d'enfant exprimait une sauvagerie qui la rendait attachante. Elle semblait bien mal en point. L'expérience de la prison l'avait déjà profondément marquée. Estel espèra que les hommes ne l'avaient pas maltraitée. La petite princesse ne pouvait pas imaginer tout ce qu'elle avait failli subir. Elle était enfermée dans sa cage d'or depuis si longtemps qu'elle ne connaissait finalement rien à la vie.

« Bonjour. Je m'appelle Estel, je suis la princesse de ce royaume. »

Pas de réaction de la part de la jeune captive. On aurait dit qu'elle ne l'avait même pas entendu. Pourtant ces superbes yeux émeraudes étaient fixés sur elle. Estel se sentait mal à l'aise.

« Je voudrais te faire une proposition. Voudrais-tu travailler pour moi? »

Sa voix avait été hésitante. Le duel visuel se prolongeait. L'impassibilité de la Mobagienne commençait à l'agacer. Elle fut d'autant plus surprise de sa réaction.

« Je ne suis pas intéressée », déclara-t-elle en se levant soudainement.

Les deux gardes du corps se jetèrent en avant et la plaquèrent au sol.Elle en eut le souffle coupé. Elle était écrasée sous le poids de ses adversaires.

Estel laissa échapper un hoquet de surprise. Avant qu'elle n'ait pu comprendre quoi que ce soit, la jeune femme était fermement maintenue par un soldat qui avait posé son genou entre ses omoplates.

Sa joue la brûlait au contact des dalles glacées. Son dos malmené la faisait souffrir. Et dire qu'elle avait juste voulu qu'on la ramène au cachot. Elle sentit qu'on la relevait et avant qu'elle n'ait pu comprendre elle retrouva l'obscurité de sa prison. Mais en pire. Quand la porte se referme il n'y eut plus une seule source de lumière.

« Que s'est-il passé ici? Pourquoi n'y voit-on plus rien?

-On nous a dit que c'était la première étape pour faire partie de l'armée. Affronter l'ombre nous fortifiera ont-ils dit. Tu parles! déclara la voix outrée d'Elijah.

-Les gars, ne nous leurrons pas. Ils vont nous faire payer. Cet entraînement va être un enfer. Et même si nous y survivons, nous périrons tous à la guerre.

-Ton optimisme fait plaisir à entendre Raeran, ironisa Kain.

-Tu t'attends à quoi? On va tous crever. Le roi ne prendrait pas le risque de nous relâcher!

-Justement montrons lui que nous sommes plus résistants qu'il ne le croit! »

Le reste des hommes fut sans réaction. Mourir sur l'échafaud était une chose. Périr avec les armes à la main en était une autre. Beaucoup plus douloureuse. Le silence s'imposa de lui même.

La jeune prisonnière étouffait. Elle avait horreur des lieux fermés. L'absence de lumière ne faisait qu'accentuer son malaise. Sans trop s'en rendre compte, elle s'approcha d'Elijah et chercha la chaleur réconfortante de son corps. L'homme fut surpris mais accepta ce contact. Ce n'était qu'une enfant.

 

Bon voila j'ai épuisé mon stock de texte que j'avais déjà écrit. La suite se fera probablement un peu plus attendre!

lien permanent

07  posté le jeudi 22 novembre 2007 22:16

 

La porte s'ouvrit avec fracas. Le garde regarda la scène avec une sorte de fascination sordide. Ils dormaient tous à même le sol dans leurs excréments. Ils étaient tombés bien bas. Il se fit un plaisir de jeter un seau d'eau glacée dans la pièce, réveillant les prisonniers d'une manière fort peu engageante. Ils se relevèrent en grognant et s'alignèrent en rang. On les fit sortir dans la fraîcheur de cette matinée d'été. La rosée du matin leur mouillait les pieds.

« Première leçon aujourd'hui, testons votre endurance! s'exclama l'officier chargé de s'occuper d'eux. Vous allez courir dans ce champ le plus longtemps possible. Plus vous tiendrez longtemps et plu vous mangerez. En sachant que le premier à s'arrêter devra se contenter de regarder les autres. Exécution! »

Le groupe se mit à trottiner doucement. Après avoir été menacé, il accéléra progressivement tout en faisant preuve de la plus mauvaise volonté du monde. Les hommes se bousculaient pour forcer les gens à tomber. La jeune femme fut la première à y passer du fait de son poids léger et de sa faiblesse. Elle chuta violemment. Ses genoux tapèrent contre la pierre. Elle avait mal et ne parvenait pas à se relever. Les soldats regardaient la scène avec amusement. Le groupe de prisonniers repassa, la piétinant. Elle hurla de douleur. L'officier réagit enfin. Il l'attrapa par le col, la tira à l'écart de la piste et la gifla. Sa lèvre éclata sous le choc. Son sang pourpre s'écoula le long de sa gorge.

« Tu vas regretter d'avoir refusé la proposition de notre Princesse. Les femmes n'ont rien à faire dans l'armée. »

Il la frappa de nouveau. Les prisonniers qui couraient s'arrêtèrent pour assister au spectacle. L'officier ne dit rien, trop heureux d'avoir enfin quelqu'un à humilier après tant d'années où il avait lui même été traité comme un moins que rien.

Quand elle retourna dans le cachot, son estomac demeurait vide. Même si elle savait pertinement ne rien pouvoir avaler, cela la peinait. Elle aurait voulu prouver à tous qu'elle était forte. Que les femmes étaient les égales des hommes. Pourtant elle savait que c'était impossible. Elle n'était pas invincible et se ferait briser si elle restait ici. Il aurait fallu qu'elle s'affirme, qu'elle prouve sa supériorité, ou tout au moins qu'elle impose le respect. Elle en était incapable.

Il n'était plus une seule partie d'elle qui ne fut blessée. Tant physiquement que moralement. L'humiliation avait été portée à son comble. Du moins le croyait-elle. Elle avait du mal à imaginer pire. C'était mal connaître l'Homme. Elle se doutait que son traitement du lendemain ne serait pas de tout repos et chercha le sommeil. On lui avait donné une cellule seule. Ce n'était pas de la pitié, seulement l'assurance que les autres ne la tuent pas dans la nuit. Car l'officier avait maintenant besoin d'elle, à la fois pour qu'elle lui serve d'exemple et de bouc émissaire, mais aussi pour des motivations plus personnelles. Elle le savait. Elle avait vu la fureur dans ses yeux.

Soupirant, elle chercha une position qui la ferait moins souffrir. En vain. Sa peau n'avait été épargnée nulle part. Comment pouvait-on être aussi méchant? Elle l'ignorait et ne comprenait pas. Elle n'avait jamais fait de mal à personne. C'était le premier de ses principes.

Elle se figea quand elle entendit un bruit provenant du soupirail laissant filtrer un peu d'air dans sa prison. Deux yeux jaunes perçaient la nuit. Elle frissona et se recula vers le fond de la pièce.Un grognement s'éleva de la masse sombre qui lui cachait la lumière de la lune. Effrayée, elle étouffa un cri qui signifierait sa présence. C'était idiot car la bête, quoi qu'elle soit, avait un odorat surdéveloppé. Et elle devait être énorme. Plus que la limite autorisée en tout cas.

 

 

Voila ce que j'appelle un réveil en douceur.

lien permanent



 

Accueil | PC | PS3 | 360 | Wii | PS2 | DS | PSP | Web |
Jeux du moment : Les Chroniques de Spellborn PC | Manhunt 2 Wii | Mushroom men : Les Premiers Champignhommes DS | Resident Evil 5 PS3 | Resident Evil 5 360