Histoire

01  (Histoire) posté le dimanche 11 novembre 2007 14:16

Le prince Yvain contemplait les décombres du village. Défier l'autorité royale était la dernière des choses à faire. Mobagia avait eu l'occasion de le vérifier. Les maisons en chaumes s'étaient embrasées avec délice. La fumée noire s'élevait comme un avertissement pour le reste de la population Alzernienne. Les habitants quant à eux avaient été tués, sans distinction de sexe ou d'âge. Le roi n'aimait pas avoir recours à ces méthodes mais ces stupides paysans avaient commencé à organiser une révolution. Un coup des pirates strogiel, avait-t-il amèrement pensé. Il avait donc envoyé son fils et un petit détachement de soldats pour éttouffer toute forme de résistance. Yvain n'avait pas eu son mot à dire. Il était parti pour cette répression avec une bande de tocards. Et maintenant il regardait l'étendue du massacre qui venait de se produire. Il était pris de remord. Pauvres enfants qui n'avaient rien demandé. Pour essayer de se déculpabiliser un peu, il se dit que les laisser orphelins n'aurait pas été un grand cadeau. Cependant cela ne lui avait apporté aucun réconfort. Il chercha un autre moyen de se faire pardonner des dieux qui grondaient désormais au dessus de la tête. L'orage menaçait. La déesse de la guerre était heureuse bien entendu, mais qu'en était-il de la déesse de la sagesse, la protectrice du village. Elle devait être furieuse. Que devait-il faire pour apaiser son courroux?

La réponse vint par elle même quand il entendit des bruits de combat derrière lui. Se retournant lentement, il put voir l'adolescente qui donnait tant de mal aux soldats. Grande, brune, elle était d'une beauté saisissante. Son regard vert éclatant se posa sur lui. Elle n'arrêta pas pour autant de se battre. Les deux dagues qu'elle brandissait devenait des armes meurtrières, tranchant tout ce qui passait à leur portée. Elle dansait entre ses adversaires avec la grâce d'un félin. Un chevalier arriva derrière elle et lui assena un coup du pommeau de son épée entre les omoplates. Elle s'écroula. Deux fantassins l'empoignèrent par les épaules pour la relever. Le guerrier à cheval allait lui donner la mise à mort quand Yvain l'arrêta.

« Son Excellence veut peut être finir le travail par lui même?

-Relachez là et donnez lui une arme. Je veux lui donner la chance de sauver sa peau. Si elle gagne, elle sera libre. Si elle perd, elle viendra au château ou Père décidera de son sort. Elle ferait une très jolie femme de chambre. »

Les hommes, un peu surpris, obéirent malgré tout aux ordres. On la libéra et on lui donna une épée. Les soldats formèrent un cercle autour des deux combattants. La plaine était calme. Le vent soufflait par rafales, attisant les flammes qui léchaient avidement les batisses encore debout. Le cri d'un oiseau de proie se fit entendre dans le lointain. En levant la tête, on pouvait l'apercevoir tourner haut dans le ciel.

La jeune femme se concentrait. Elle voulait sa liberté. La mort ne l'effrayait pas, ce qui lui faisait le plus peur était la détention qui la précèderait inévitablement. Cependant, elle n'avait jamais aimé les combats à l'épée et se doutait que le prince serait un adversaire redoutable.

Yvain admirait son calme et la beauté. Elle semblait perdue dans ses pensées à mille lieux de là. Malgré ce qu'il avait pu dire, la vraie raison de ce combat était le sauvetage de la fille. Elle le fascinait. Des proportions parfaites, des formes envoutantes,un visage divin, des yeux superbes.

Elle décida de passer à l'action pendant qu'il réfléchissait. Ce n'était pas très honorable mais c'était sa seule chance de s'en sortir. Sa lame fut rapide. Elle fondit droit sur le côté de son assaillant. Le choc fut rude. Le fer de l'homme avait arrêté sa course. Le temps qu'elle se remette en garde, le prince avait déjà posé la pointe de son arme sous sa gorge, mettant fin au combat. Il lui ordonna de lacher son épée. Elle s'exécuta, sentant le froid de l'acier sur sa peau nue. Un homme la ceintura, lui écorchant les poignets. Elle sentit la fureur s'emparait d'elle, pourtant elle ne fit rien. Il était inutile de provoquer la colère de ses agresseurs. Des larmes de rage perlèrent à ses yeux. Elle essaya de les arrêter mais c'était peine perdue. Alors elle fit retomber ses cheveux chatains devant son visage pour essayer de les cacher.

Elle fut ligoter sans ménagement et jeter sur le dos d'un cheval en travers de la selle. Les cavaliers prirent la direction d'Adagio, capitale d'Alzernia. Pour cela, ils devaient traverser la forêt. La terre alzernienne était florissante. Le nombre d'espèces de végétaux dépassait l'imagination humaine. Quand ils entrèrent dans les bois, les bruits de la population les submergèrent. Les chants des oiseaux envahissaient tout l'espace. Les frondaisons empêchaient la lumière de parvenir jusqu'à eux, les plongeant dans une obscurité rassurante. Les plantes grimpantes envahissaient la plupart des arbres. Quand les montures réclamèrent du repos, le prince décréta enfin une pause. La prisonnière fut reposée sur le sol. On lui donna un morceau de viande séchée qu'elle machouilla sans grande conviction. Son dos la faisait terriblement souffrir et elle doutait pouvoir remarcher un jour. Ils avaient six heures de repos avant de repartir. La jeune femme se roula en boule comme elle le put et s'endormit rapidement.

Yvain prit le premier tour de garde. De toute façon, il ne parvenait pas à fermer l'oeil. Trop de pensées se mélangeaient dans sa tête. Qui était cette fille? Qui lui avait appris à manier les dagues ainsi? Pourquoi l'avait-il sauver? Mais toutes les réponses semblaient se dérobaient dès qu'il s'en approchait. Déçu et irrité, il concentra son attention sur les bruits alentours. Aucun n'indiquait une quelconque agitation. Une attaque demeurait très peu probable.

Au bout d'une heure, il réveilla celui qui prenait la relève puis alla se coucher, sans pour autant parvenir à se reposer. Il venait à peine de tomber dans le sommeil qu'on le secoua pour reprendre la route. Il se mit en selle sur sa fidèle licorne.

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02  (Histoire) posté le dimanche 11 novembre 2007 21:48

 

Le groupe arriva à la capitale deux jours plus tard. La ville s'étendait sur la plaine à l'orée de la forêt. Les batisses des paysans étaient à l'extérieur de l'enceinte du château. Celui-ci reposait à l'écart des habitations. Entouré d'un fossé destiné plus à éloigner les paysans que des réels attaquants, sa silhouette imposante était la première chose que l'on remarquait.

Yvain fut le premier à entrer dans la rue principale. Les villageois l'accueillirent avec joie. Ils se pressèrent ensuite pour découvrir la jeune mobagienne que leur prince avait ramené. Celle-ci foudroyait du regard les habitants qui la dévisageaient un peu trop. Un enfant s'approcha pour la toucher. Un autre lui jeta une pierre. Elle avait voulu se rebeller, maintenant elle allait payer! Elle reçut un autre projectile. Très vite, et malgré ses vaines tentatives de protection, des bleus et des eraflures couvraient tout son corps. Elle avait mal. Chaque fibre de son être la faisait souffrir, aussi bien mentale que physique. Comment les gens pouvaient-ils être aussi méchants avec leurs pairs? Elle ne voulait pas savoir. Elle attendait maintenant sa mort certaine et espérait qu'elle serait rapide à venir la chercher.

Le prince n'aida pas la jeune femme. Elle ne recevait que ce qu'elle méritait. Pourtant la voir ainsi le peinait. L'adolescente affichait un air calme. Cependant il avait repéré son expression de souffrance un peu plus tôt. C'est pourquoi il fit accélérer son cheval. Arrivé devant les murailles, il siffla un des gardes. On fit descendre le pont levis et remonter la herse.

La prisonnière était fascinée par tout ce qui se passait autour d'elle. Bien sur elle en voulait à cet homme. Bien sur, elle le détestait. Bien sur elle voulait s'échapper. Mais elle n'en avait pas l'occasion et ce qui lui était donné de voir était captivant. La cour du château ressemblait à une ruche bourdonnant d'ouvrières. Les palefreniers s'occupaient des chevaux pendant que les divers domestiques couraient d'une aile à l'autre chargés d'objets divers. Un seigneur voisin rendait visite au roi. Il était entouré de chevaliers en armures étincelantes. Les destriers étaient tous plus superbes les uns que les autres. Les toilettes des quelques dames qui avaient fait le voyage la subjuguèrent. Leurs longs cheveux parfaitement peignés et tressés étincelaient au soleil. La captive regarda avec dégout sa propre crinière. Indisciplinée, sale, inégale, courte. Elle poussa un soupir puis se concentra sur le seigneur.

C'était un petit homme replié sur lui même. Son regard semblait éteint pourtant une impression de force et de pouvoir se dégageait de lui. Ses vêtements brodés d'or soulignait sa richesse et son orgueil tandis que ses hautes bottes en cuir le désignait comme un cavalier émérite à en juger par leur usure.

L'adolescente détourna les yeux. Ce fut à ce moment qu'elle ressentit un choc. Son esprit tout entier en fut ébranlée. Elle ne pouvait plus bouger, plus respirer, son corps était habité par une langueur inhabituelle. Comment expliquait ce qu'elle ressentit à ce moment là? Elle l'ignore toujours. Un grand bouleversement de l'âme. Des papillons dans l'estomac. Tout cela ne représentait qu'une infime partie des symptômes de son malaise. Malaise accompagné d'un grand bonheur. Quel mot utiliser? Elle n'avait jamais été une oratrice hors pair ne comprenant pas les différentes émotions et réactions humaines. Elle avait toujours vécu dans la simplicité. La complexité de ce qu'elle éprouvait la submergeait complètement. Elle allait couler. Se noyer dans cet océan qui lui était offert. L'azur de son regard était éblouissant. Elle ne le connaissait pas pourtant elle ressentait pour lui une plus grande affection que pour nimporte qui.

Yvain s'approcha du nouvel arrivant et lui serra tendrement la main.

« Edward! Quel plaisir de te revoir parmi nous!

-Tu m'as manqué, Votre Majesté », se moqua gentiment le dénommé Edward.

C'était leur grand jeu depuis tout petit. Chacun cherchait à faire sortir l'autre de ses gonds. Pourtant ils s'adoraient, se considérant comme des frères. Cela faisait pourtant longtemps qu'il ne s'était pas vu. Plus de cinq ans pour être exact. Cette séparation avait cruellement affecté le prince dans les premiers moments. Puis il avait oublié. Ou du moins avait fait semblant. On n'oublie jamais un ami sincère. Passant un bras par dessus son épaule comme à un vieux copain, il l'emmena vers le château.

« Votre Grâce, que fait-on de la prisonnière?

-Au cachot. »

 

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03  (Histoire) posté le lundi 12 novembre 2007 22:18

 

 

Son sort avait été scellé en deux mots. Elle allait croupir au fond d'une geôle. Elle se laissa trainer sans se débattre dans les couloirs au sol glacé. Ses pieds nus s'écorchaient contre les arêtes des pierres. Le garde la fit s'enfoncer dans les entrailles de l'édifice, toujours plus loin, toujours plus profondément. Elle ne savait plus où elle était. La tête lui tournait. L'air libre lui manquait. Une grille s'ouvrit devant elle. Puis une épaisse porte en bois. Une vingtaine d'hommes étaient assis dans une pièce circulaire. Ils avaient l'air morose et prêts à en découdre. En voyant l'adolescente, une lueur d'intérêt éclaira leur regard.

« Bienvenue Princesse! Tu vas voir, nous on est p'tet pas des rois, mais on va bien te traiter! » l'aborda un homme à l'accent trainant.

Le garde émit un petit rire puis la jeta dans la cellule. Elle trébucha et s'effondra au centre du cercle des prisonniers. L'un d'eux s'approcha pour essayer de la toucher mais avant d'avoir pu réagir, il reçut un violent coup de poing dans le nez. Un homme s'était interposé.

« Oh l'homme au regard de braise, fais pas ton intéressant. On s'ennuie tellement ici. Laisse nous la!

-Pas question. Bande de mollusques sans cervelle, vous n'avez pas honte de vous en prendre à une gamine. Je vous ai connu plus braves.

-Je ne sais pas comment tu fais pour supporter cette détention. On est traité comme des chiens. Même pas, comme du fumier. »

Un murmure d'approbation s'éleva. Voleurs, meurtriers, bandits, escroqueurs. Il y avait de tout. La peine capitale les attendait. Ils pourrissaient au fond de ce cachot. Alors puisqu'un peu d'animation était possible, autant en profiter. Tous les malheureux se levèrent d'un bond et rétrécirent le cercle.

L'homme au regard de braise fut bientôt assailli par plusieurs de ses compagnons. L'innocente captive regarda avec horreur les coups que prenait le jeune homme pour la protéger. Un truand s'approcha d'elle et la força à se retourner pour qu'elle lui fasse face. C'en fut trop. Avant qu'il n'ait eu le temps de comprendre ce qui se passait, une lame était placée en travers de sa gorge.

« Le prochain qui bouge aura la mort de ce sac à vin sur la conscience, déclara la prisonnière.

-Sac à vin?! Ca c'est un peu fort. Nous sommes tous d'honnêtes criminels qui n'avons pas toucher à la boisson depuis que nous sommes enfermés ici, s'exclama un grand individu balafré en s'approchant.

-Fais encore un pas, un seul, et je le tue sans aucun état d'âme. »

Tout le monde se figea.

« Maintenant, bande de gros tas, relachez le seul être digne de respect de cette salle. Et écartez-vous. »

Elle bluffait. Elle était terrorisée. Cependant elle devait faire quelque chose pour cet homme. La seule façon de parler à ces individus était de s'abaisser à leur niveau. Elle le savait Et c'était exactement ce qu'elle faisait. Toujours paraître le plus fort pour éviter les ennuis. Voilà la règle qu'elle appliquait à la lettre depuis plusieurs années déjà. Elle ne lui avait jamais causé de tort. Pourquoi cela commencerait-il aujourd'hui?

Après un moment qui lui parut une éternité, ils reculèrent.

 

 

J'ai encore pas mal de textes que j'ai déjà écrit mais JV beugue atrocement en ce moment alors je ne sais pas quand je pourrais les publier. J'essaye de les envoyer le plus vite possible. Et désolée si mes images sont assez pitoyables... mais j'avoue que je galère un peu sur Google alors il faut que je fasse des recherches détournées et ça me prend presque autant de tant que d'écrire (bon j'avoue là j'exagère un peu... Mais pas tant que ça)

D'ailleurs je n'en ai point trouvé pour cet article. Si quelqu'un à quelque chose à me proposer, je suis preneuse! (Neïa si tu passes par là, A L'AIDE!!!!)

Merci à ceux qui me lisent.

Bonne journée ou soirée ou nuit au choix!

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04  (Histoire) posté le vendredi 16 novembre 2007 20:48

 

Edward suivait Yvain vers la salle de réception. La pièce était immense, surchargée de fioritures et tapisseries en tout genre. Le prince prit place sur le grand trône recouvert de feuilles d'or, assis négligemment, les jambes passées par dessus l'accoudoir et la couronne de travers. Les dernières lueurs du jour s'accrochaient vainement sur son visage.

Ainsi, pensa Edward, même en recevant un ami, Yvain tente d'impressionner par son pouvoir malgré son apparente décontraction. Le futur souverain passa une mèche de cheveux châtains derrière son oreille puis reporta son regard nuit sur son invité.

« Mon cher ami, que nous vaut l'honneur de ta visite? »

La phrase était amicale mais le ton sec.

« Je venais voir mon prince préféré bien sûr!

-Edward, tu te crois drôle? »

La réplique cinglante. Celui qu'il avait toujours considéré comme un frère. Finis les jeux d'épées en bois, finies les courses dans le château à effrayer les servantes, finies les longues promenades à cheval... Son ami allait bientôt être à la tête d'un royaume. Il avait des priorités différentes. Il était de son devoir de protéger son peuple.

« Je te jure que nous ne sommes animés que de bonnes intentions, tenta de s'expliquer celui qui se faisait si durement rabrouer.

-Je n'ai jamais été très patient.

-Puisqu'il me semble que je n'ai pas le choix... Père doit s'entretenir d'une affaire importante avec le Roi.

-Pourrais-je connaître les détails de cette affaire? s'enquit Yvain.

-Je les ignore moi-même. »

 

Les deux jeunes gens s'enfermèrent dans le mutisme. Un cri de surprise et d'indignation perça le silence. Le prince reconnut immédiatement la voix de son père. Le château avait été construit de telle sorte que tous les sons fussent répercutés dans le bâtiment complet. Ainsi des valets mal intentionnés ne pouvaient comploter dans les couloirs sans être immédiatement entendus.

Yvain se releva immédiatement et prit Edward à la gorge.

« Je ne sais pas ce que tu as comploté, mais tu risques de le regretter amèrement. Ne bouge pas d'ici. »

Il lâcha son ami qui se massa le cou avant de le regarder partir en courant, se demandant ce qui avait bien pu se produire pour qu'il soit dans un tel état d'agressivité. Puis s'adossa contre le mur, les yeux fermés, attendant le retour d'Yvain. Mais ce fut une douce voix fluette qui le fit revenir à la réalité.

« Edward? Quel bon vent vous ramène parmi nous?

-Ma chère Estel. Tu es devenue une magnifique jeune femme. »

Estel, la petite soeur d'Yvain. Blonde, les yeux clairs, elle n'avait aucune ressemblance avec son frère. En entendant le compliment, elle rougit.

« Et vous vous êtes resté un flatteur invétéré. »

Il laissa échapper un petit rire, ce qui ne l'empêcha pas de s'approcher d'elle avec une lueur étrange dans le regard. Il la prit par la taille pour essayer de l'embrasser sur la joue.

« Non Edward, il ne faut pas. »

Elle tenta en vain de le repousser mais la poigne restait solide. Les lèvres dangereusement tentatrices ne semblaient pas vouloir s'éloigner. Elle ne devait pas céder. Elle était une princesse. Elle n'avait pas le droit à l'erreur. Ses responsabilités étaient telles qu'elle ne pouvait se permettre nimporte quoi.

« Lache la! J'ai su qu'il y avait quelque chose de bizarre au moment je t'ai vu. Eloigne toi. Eloigne toi tout de suite! cria Yvain qui arrivait en courant.

-Ce n'est pas ce que tu crois. Je peux tout t'expliquer.

-Tais toi. Nous faire ça! A nous! Comment as tu pu... Comment as tu osé... Tu me dégoutes! »

Le prince prit sa petite soeur dans ses bras et l'attira contre lui, la serrant tendrement contre son coeur. Un peu trop tendrement pour être tout à fait honnête d'ailleurs. Il n'avait jamais manifesté autant d'amour pour sa petite soeur quand ils étaient plus jeunes. Edward devait souvent lui rappellait qu'elle existait et qu'il était de son devoir de la protéger contre le monde extérieur. La leçon semblait avoir porté ses fruits. Mais des années plus tard que prévu.

Le roi arriva à son tour, tout essoufflé, suivi du seigneur, père d'Edward.

« Hannibal, je refuse tout net votre proposition. Il est hors de question, vous m'entendez, totalement impossible que ma chère fille épouse votre avorton. De toute façon elle est déjà promise. »

Estel blêmit. Elle allait se marier. Elle l'ignorait mais elle était fiancée. Comment cela se pouvait-il? Son père ne lui en avait pas parlé. Elle ne parvenait pas à y croire. Elle, épouser quelqu'un! Cette idée lui paraissait tout simplement ridicule. Pourtant il semblerait qu'elle allait devoir s'y faire.

« Votre Majesté, je m'incline si notre chère princesse a déjà un fiancé. Je ne voulais point vous offenser. Je vous remercie de nous avoir prêté une oreille attentive », s'inclina le seigneur.

Il signifia d'un geste à son fils qu'ils partaient puis quitta la pièce. Quand ils furent seuls, le roi regarda Yvain.

« Tu étais au courant de quelque chose?

-Absolument pas. Edward m'a dit qu'il ne savait rien mais j'ai du mal à le croire. On ne prépare pas un mariage sans en avertir le principal concerné. »

Il se rendit compte qu'il aurait mieux fait de se taire quand il vit Estel blanchir.

« Père, j'aimerais vous demander... je voudrais savoir... en fait...

-Parle mon enfant. N'aie pas peur.

-Est-il vrai que je sois prétendue?

-Nous reparlerons de tout ceci plus tard veux-tu bien? »

Sans un mot, il sortit de la salle à grands pas. La jeune princesse chercha alors un quelconque renfort chez son frère mais celui-ci l'ignora et suivit le roi. Maintenant seule avec son doute et sa peine, elle osa laisser couler les larmes qui perlaient à ses yeux depuis si longtemps.

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05  (Histoire) posté le vendredi 16 novembre 2007 21:02

 

Elle ne savait pas depuis combien de temps elle était là, la tête de son sauveur sur les genoux. Après qu'elle ait réussi à l'arracher des poings des autres prisonniers, il avait perdu connaissance. Elle s'était alors assise dans un coin reculé de la cellule et l'avait amené près d'elle. Les détenus s'étaient apparement résignés. Pourtant elle sentait leurs regards insistants et entendait leurs chuchotements. Malgré sa peur, elle demeurait parfaitement calme. Une vieille chanson que le barde du village avait l'habitude de chanter lui revint en tête. Elle aimait bien cet homme. Il demeurait l'une des rares personnes sympathiques avec elle. Quand il racontait ses histoires, il lui adressait de petits sourires pendant qu'elle vidait les poches des gens trop absorbés par les talents du narrateur pour se rendre compte qu'une petite main se faufilait près de leur bourse. C'est ainsi qu'elle avait réussi à survivre jusqu'à aujourd'hui. Cependant ses multiples talents ne lui seraient ici d'aucune utilité. A quoi servir de voler si les gens qui l'entouraient étaient encore plus pauvres qu'elle? Ses bases de combat rudimentaires ne pourraient rivaliser avec la force brute le cas échéant. Sans qu'elle s'en rende compte, elle entonna la mélodie de son vieil ami. Le silence se fit dans le cachot. Tous les hommes semblaient fascinés par sa voix d'enfant.

Une enfant, quelque chose qu'elle avait cessé d'être voilà bien longtemps. En réalité, elle n'avait pas le souvenir de s'être considérée une seule fois comme une enfant. Elle avait eu la responsabilité de se nourrir et de se vêtir depuis toute petite.

Elle fut sortie de ses pensées par le réveil de son nouveau protecteur.

« Tu as une voix sublime. »

Elle se sentit rougir. Elle n'était pas habituée aux compliments, pas plus qu'au fait qu'on lui adresse la parole. Elle détourna la tête rapidement et se mit à fixer la fissure dans le mur qui lui parut soudain passionante. L'homme lui prit tendrement le menton et la força à le regarder. Il fut happer par ses yeux verts.

« Je m'apelle Elijah. Quel est ton nom?

-Un nom? Je n'en ai pas, répondit-elle, très gênée.

-Tu n'as pas de nom?! Mais que...? Laisse toi faire, voyons ton tatouage. »

Il l'attira doucement vers lui, dégagea son cou des cheveux qui le cachaient et ne put retenir une exclamation de surprise. Cette fille n'avait pas de tatouage! Pas de marque de reconnaissance. Elle n'existait pas. Quelques prisonniers se rapprochèrent pour savoir ce qui se passait. L'hostilité avait disparu dans leur regard en remarquant l'absence de ce signe pourtant obligatoire pour tous les parents. Même en cas d'abandon, il fallait tatouer son enfant dès sa naissance. On indiquait ainsi le prénom et la nationalité du nouveau né.

Au centre de toute cette attention, la jeune fille ne savait plus quoi faire pour qu'on l'oublie, qu'on l'ignore. Terrorrisée, elle se sentait comme un oiseau convoité par des chats. Beaucoup de chats. Elle ne put réprimer le tremblement qui l'agita.

« Reculez! Vous l'effrayez!

-Et c'est ça la terrible guerrière qui nous a tous fait fuir tout à l'heure. Nous sommes pitoyables, intervint un condamné.

-Disons qu'elle avait su se montrer plus convaincante, répliqua un autre.

-Maintenant nous allons pouvoir nous amuser, déclara le balafré en s'approchant.

-Pas touche Kain! »

La voix d'Elijah avait claqué. Il était prêt à se battre s'il le fallait. Il se leva, protégeant la jeune captive derrière lui. Kain fut plus rapide. Le coup de poing qu'il lança frappa ¨son adversaire dans le ventre. Elijah s'effondra. La jeune captiveregarda avec espoir la porte qui venait de s'ouvrir sur un garde.

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